Premier matin à l’hôpital

J’ouvre les yeux. Il fait jour. La lumière me fait mal au crâne. Rien ne ressemble à la chambre d’hôtel, ni même à ma chambre. Je m’asseois brusquement sur mon lit, regarde partout. A côté de moi, sur un lit d’hôpital, un homme branché à une perfusion ronfle bruyamment.

« Un lit d’hôpital ? Mais qu’est ce que je fais ici ? »

Moi aussi je suis branché à une perfusion. Une goutte tombe dans la poche, puis une autre, inlassablement, en prenant tout son temps.

« C’est complètement irréel ! Voyons, je suis allé à l’hôtel Bellevue dans l’après-midi, je suis descendu au bar boire une bière… Et après ? »

Après c’est le trou noir. Je ne sais pas quel jour on est, ni ce que je fais ici et encore moins comment j’y suis arrivé. Logiquement, on devrait être mardi et dans deux jours, c’est la cérémonie de Sabine, avec son éditeur. Elle m’a invité, quelle chance !

On frappe à la porte, on l’ouvre sans attendre de réponse. C’est une aide-soignante.

« Bonjour ! Vous avez bien dormi, Monsieur Nathan ?

– Monsieur Nathan ? Pourquoi m’appelez-vous comme ça ? Et quel jour sommes-nous ? Et …

– Et… ne me posez pas toutes vos questions à la fois ! Je vous appelle Monsieur Nathan parce que je ne sais pas comment vous appeler autrement. Vous aviez dans votre poche une lettre signée Nathan à votre arrivée. Vous ne vous appelez pas comme ça ?

– Si ! Nathan DUPIN ! Une lettre ? Et quel jour sommes-nous ? Qu’est ce que je fais ici ?

– Allons… Une question à la fois ! Nous sommes jeudi 4 novembre 2010, vous avez eu un accident de la circulation. Vous verrez le médecin lors de sa visite, vers 10h00 et vous lui poserez toutes les questions que vous voudrez, d’accord ? »

Je hoche la tête en signe d’assentiment, toujours aussi perplexe devant l’absurdité de sa réponse… Jeudi 4 novembre 2010 ? Alors, ça fait déjà 4 années de passées… mais où ?

« 2010, vous êtes bien sûre ?

– Oui, j’en suis certaine. A mon tour de vous poser une question : thé ou café ? C’est l’heure du petit déjeuner, et vous pouvez manger ce que vous voulez, autant en profiter non ?

– café alors, s’il vous plait ! »

J’ai comme un vertige. D’un coup, je suis projeté dans un futur et je ne comprend pas. J’ai beau me remémorer, mes derniers souvenirs remontent à hier, à mon arrivée à Cherbourg, la chambre d’hôtel, le client à voir impérativement pour ne pas perdre l’affaire… C’est juste incroyable !

Je n’ai pas très faim tant je suis tourne-boulé. On frappe de nouveau à la porte. Je jette un œil à mon voisin, mais celui-ci dort toujours.

« Entrez ! » dis-je d’une voix sonnée. L’inconnue s’exécute. Elle a l’air toute chiffonnée, comme si elle n’avait pas dormi de la nuit, les cheveux encore emmêlés, les yeux remplis d’émotion.

« Bonjour ! Comment allez-vous ? Je suis tellement désolée… Je ne vous ai pas vu et…

– Quel jour sommes-nous ? S’il vous plait, dites moi quel jour on est !

– Jeudi 4 novembre 2010.

– C’est vrai ? Ce n’est pas une blague ? On est bien en 2010 ?

– Oui, c’est vrai ! Vous ne vous rappelez pas ?

– Non… C’est tellement étrange, pour moi on est le mardi 21 novembre 2006. Je ne comprends pas ! »

C’est alors qu’on frappe encore à la porte, des blouses blanches s’invitent dans la chambre.

« Mademoiselle, ce n’est pas l’heure des visites ! Revenez cet après-midi, s’il vous plait, pour voir votre ami. »

Elle s’éclipse après m’avoir dit qu’elle reviendrait bientôt pour prendre de mes nouvelles.

Les médecins me posent des tas de questions. Mon mal à la tête recommence, lancinant. Je me sens perdu, comme suspendu dans un espace-temps qui ne m’appartient pas. C’est une plongée en enfer, dans un avenir qui fait déjà partie du passé. Si seulement je pouvais voir Sabine, lui parler…

« Nathan DUPIN, c’est donc votre nom ?

– Oui, c’est bien ça. Je ne sais pas ce que je fais ici, on m’a dit que j’avais eu un accident, mais je me sens bien ! Je voudrais sortir d’ici.

– Et bien, en fait, pour l’instant vous êtes en observation. Lors de votre accident, vous étiez ivre et vous êtes mal tombé sur la tête. Vous avez un petit traumatisme crânien, rien de bien méchant, mais a priori, vous avez un peu de mal à tout remettre dans l’ordre chronologique. C’est pour ça que vous ne pouvez pas sortir pour le moment. Peut-on prévenir quelqu’un ? Un membre de votre famille ?

– Oui, ma sœur, Rose DUPIN. Elle habite en Vendée, à La Roche sur Yon.

– On fait le nécessaire. En attendant, reposez-vous, ça ira mieux, ne vous inquiétez pas. Sophie vous donnera vos effets personnels tout à l’heure.

– On m’a parlé d’une lettre, vous l’avez ?

– Oui, elle est toujours dans la poche de votre pantalon, l’infirmière, Sophie donc, vous la donnera un peu plus tard. Maintenant reposez-vous un peu »

Du repos ? Je n’en ai que faire du repos ! Je n’ai même pas demandé le nom à cette inconnue qui avait l’air de me connaître. Comment était-ce possible ? Et cette lettre, à qui était-elle destinée ? Toutes ces questions qui demandent réponse et qui n’en ont pas… Je soupire, me rallonge, et attends que le temps passe et remette tout dans le bon ordre.

7 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. Ghislaine
    Déc 05, 2010 @ 17:38:15

    alors, alors alors, je veux la suite de mon roman moi !!
    un vrai suspense !! vite met toia ton clavier !………….

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    • mariessourire
      Déc 05, 2010 @ 17:39:54

      c’est ce que je fais !! rire
      c’est pas si facile que ça en a l’air !!
      qu’est ce que tu en penses, Ghislaine ? tu mettrais quoi comme suite ?
      je l’ai refait, car en me relisant, j’ai vu que, quand c’était le chapitre de Nathan, j’utilisais le je
      donc pour une unité dans cette petite histoire, j’ai refait cette partie
      ça te convient toujours ?
      sourire
      bizzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

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  2. claudielapicarde
    Déc 06, 2010 @ 16:14:38

    J’attends la suite aussi mais il faut trouver les idées et c’est le plus difficile à faire.
    Bon courage, bises

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  3. giselefayet
    Déc 06, 2010 @ 17:40:24

    Je suis branchée sur la perfusion Nathan, j’attends la prochaine poche avec beaucoup d’impatience .
    Bonne soirée
    Bisous

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  4. makaulaya
    Déc 06, 2010 @ 17:45:35

    Quel suspense !!!!

    J’adore, et j’espère que la suite ne te donnera pas trop de mal, cependant, lorsque tu seras remplie de tes personnages, tu ne pourras plus les quitter, et nous on sera tellement heureux !!!!
    Bisous

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  5. Portelli Giovanni
    Jan 27, 2011 @ 17:20:21

    il narre à la première personne et nomme Capucine sans avoir encore appris son prénom. Attention à ne pas le rendre omniscient malgré lui ^^ sinon j’aime beaucoup, c’est nerveux, et on a toujours envie d’aller plus loin

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  6. mariessourire
    Jan 27, 2011 @ 17:26:30

    merci pour ta remarque justifiée !
    en fait, au départ, ce passage n’était pas écrit à la première personne, et j’étais tellement dans l’histoire que j’ai oublié de relire cette phrase d’un autre oeil, ce qui fait que ce détail m’a échappé !
    merci encore !
    sourire

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    Réponse

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