32- Un foot pas comme les autres

 

Théo court dans le jardin pour aller chercher son ballon dans l’abri de jardin. Pour être content, ça, il était content ! C’est tout juste s’il ne sautait pas au cou de son oncle toutes les deux secondes !

Ensemble, ils décident que Théo serait goal pour la première partie, puis ce serait le tour de Nathan. Ils choisissent deux arbres qui feraient le but, les mêmes que ceux que Nathan prenait quand il jouait avec son père, au même âge que son neveu d’ailleurs.

Nathan envoie des balles plutôt gentilles mais se prend vite au jeu. Une balle à gauche, et Théo plonge pour faire un arrêt digne de Fabien Barthez, et plutôt bien en plus ! Une balle à droite, une au centre… le tout de façon aléatoire… Théo est un gardien de but doué et Nathan se met à envoyer des vrais ballons de foot, presque des obus ! Tous les deux prennent un pur plaisir à jouer ; ils rient ensemble, se taquinent…

Avec un score de 22 arrêts sur 30 tirs, Théo s’en sort vraiment bien. C’est à présent le tour de Nathan.

Lui se montre plus prudent que son neveu, arrêtant les balles au pied, avec les mains mais hésitant à plonger, ce qui fait qu’il encaisse 7 buts, alors qu’il reste 10 tirs à effectuer pour Théo. Son honneur étant en jeu, Nathan joue le tout pour le tout lorsque Théo envoie le ballon complètement à droite, à la limite de l’arbre. Il plonge, les deux mains vers Théo. Le ballon ne peut pas passer, il n’y a pas but. Il tombe…

Nathan ne se relève pas. Sa tête a heurté l’arbre.

Théo s’approche prudemment, certain que son oncle lui faisait encore une de ses farces, et redoutant une partie de chatouilles. Nathan a les yeux fermés.

« Tonton ? demande-t-il, interrogatif, ça va ? »

Mais son oncle ne répond pas, n’ouvre pas les yeux non plus.

« Tonton ? » le ton se fait plus inquiet. « Tonton, réponds-moi !! »

Toujours rien.

Théo se penche sur son oncle, le pousse un peu pour le faire réagir. Nathan se retrouve sur le dos, mais n’ouvre toujours pas les yeux. Alors Théo se met à crier, appelle sa mère tout en courant vers la maison. Rose sort, mais Gabriel est plus rapide qu’elle. D’un regard, il saisit le problème. Théo se jette dans les bras de sa mère :

« J’ai tué Tonton ! » sanglote-t-il.

Sa mère regarde son mari, Gabriel, qui lui fait signe de rentrer avec Théo. Il se précipite vers Nathan qui a ouvert les yeux, émergeant peu à peu grâce aux cris de Théo. Il est encore sonné, toujours allongé. Gabriel lui parle doucement, l’interrogeant sur ce qui s’est passé. Nathan regarde d’un air tout étonné son beau-frère, il est ailleurs.

Gabriel l’aide à se relever, attentif aux mouvements de Nathan. Ce dernier a un peu de mal à se mettre droit, il s’appuie sur l’épaule de Gabriel. Ils commencent à rentrer, les pas se font hésitants puis plus sûrs.

Ils passent par la porte-fenêtre du salon, le plus court chemin pour entrer à la maison. A l’intérieur, Alice, la mère de Rose et Nathan, se précipite vers Nathan, toute affolée. Nathan s’asseoit, pardon, se laisse choir sur le canapé, et se tient la tête.

Aux questions que les uns et les autres posent, Nathan répond par un mouvement de tête mais n’ouvre pas la bouche pour parler. Cela inquiète tellement sa mère qu’elle lui demande s’il peut parler. Nathan lui fait signe que oui, mais ne répond pas verbalement. Il refuse que le médecin vienne et garde son air hébété. A la stupéfaction qui se lit sur son visage, une nouvelle tristesse fait place. Ses épaules se sont courbées, comme sous le poids d’un énorme fardeau.

Enfin, il s’éclaircit la voix, avec difficulté, et demande une aspirine pour calmer les élancements qu’il ressent dans la tempe. Rose la lui apporte avec un grand verre d’eau, ainsi qu’un tube de granules d’arnica pour éviter l’apparition d’un bleu et atténuer la belle bosse qui apparaît déjà.

Il prend la parole, sur un ton grave et sérieux :

« Ne vous inquiétez pas, ça va, j’ai juste mal à la tête parce que je me la suis cognée. Mais ça va !

Et toi, Théo, ne t’inquiète pas, je vais très bien, tu n’es pas responsable ! C’est parce que je suis trop grand que je me suis cogné la tête sur l’arbre ! Je crois qu’on peut dire que tu es le grand vainqueur de notre tournoi de foot ! »

Mais la tristesse s’est abattue sur Nathan, elle a fondu sur lui comme une chappe de plomb perceptible par tous.

3 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. claudielapicarde
    Sep 15, 2011 @ 13:41:28

    Il n’aurait pas retrouvé la mémoire par hasard avec ce coup sur la tête?
    bises

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  2. colettedc
    Sep 15, 2011 @ 15:56:14

    Ouf ! J’avais hâte qu’il ouvre les yeux … mais, tout comme Claudie, je me demande si ce coup va lui faire retrouver la mémoire oui … ce serait formidable non … si pas complètement en partie du moins … merci Marie-Sourire … c’est très passionnant cette affaire tu sais …
    En toute amtié,
    C☼lette 😀

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  3. giselefayet
    Sep 20, 2011 @ 13:57:41

    Je vois qu’il y a une suite toute proche , je suis curieuse de savoir ce que ce choc a provoqué . Bises .

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