Imaginez…

Imaginez un homme (on l’appellera Lui pour mieux comprendre), la quarantaine, accompagné de deux jeunes et grands chiens… Imaginez-le marchant sur le bord de la plage d’un bon pas, ses chiens le devançant, s’arrêtant, repartant de plus belle…

Imaginez une femme (on l’appellera Elle) qui marche devant lui, et face à Elle une autre promenant son petit chien en laisse et qui attrape son caniche qui se met à grogner et à s’agiter face aux deux jeunes chiens…

Elle, surprise par le comportement du petit et vieux caniche, se retourne pour comprendre et se trouve face au propriétaire des chiens, essayant de les canaliser tout en rassurant la propriétaire du caniche. Cette dernière se justifie : elle pensait que son chien allait attaquer les plus grands comme à son habitude, car rien ne lui fait peur et surtout pas deux jeunes chiens qui n’ont qu’une envie, celle de jouer.

Et puis Lui avance avec Elle, et Lui commence à se raconter, se sentant en confiance.

Jusque là, c’est une scène banale, comme tout le monde pourrait en vivre. Sauf que Lui n’a plus de travail… Il était marin, et pour des raisons de santé, la médecine du travail l’a jugé inapte à ce métier. Et c’était la seule chose qu’il savait et qu’il aimait faire. Et puis voilà la fin de droits qui arrive, plus d’argent pour payer son loyer et faire face à toutes les dépenses mensuelles que tout un chacun doit payer… Alors en juillet dernier, il perd son logement. Il se trouve à la rue dans une station balnéaire renommée.

Et qui dit aucune adresse postale, dit aucun travail possible à trouver…

Il ne se plaint pas, il est courageux, mais son moral en prend un coup. Alors il y a quatre mois, il décide de prendre un compagnon à 4 pattes à qui il donne un nom de coquillage, et au hasard de ses pérégrinations, un deuxième compagnon, une jeune femelle le rejoint et il n’a pas le coeur de la laisser dans la nature, tout en faisant savoir qu’il cherche à la placer.

Au mois de février, il fait froid. Il fait très froid, les nuits sont terribles, et même la neige tombe… Les deux chiens lui tiennent chaud, et arrivent à lui faire passer l’envie de se jeter dans le port où il a décidé de dormir tous les soirs. Oui, dans le port, sans même un minimum d’abri au-dessus de la tête. La police nationale passe, le voit, lui propose de l’emmener dans un hébergement d’urgence, à 70 kms de là, dans la grande ville. Il refuse. Alors ils l’emmènent au commissariat, lui offrent un petit déjeuner chaud, et le laissent repartir.

Le lendemain, ils reviennent le voir et lui apportent deux, trois couvertures pour qu’il ait moins froid la nuit, puisqu’il ne veut pas partir.

C’est alors qu’arrive la police municipale… Les agents municipaux demandent à Lui de partir, il n’a rien à faire ici, pourquoi des couvertures, c’est inutile puisque Lui va prendre le train pour la grande ville…

La police nationale s’en mêle : non-assistance à personne en danger… Lui a eu le droit de rester, avec ses couvertures. Le CCAS lui a donné l’autorisation de se domicilier chez eux, le secours catholique lui donne un repas chaud le matin, et un camion vient deux fois par semaine devant la gare pour qu’il puisse prendre une douche, Lui mais aussi les autres sdf.

Mais la police municipale réitère et lui demande de partir, comme si les ordres de la municipalité étaient : pas de sdf dans notre ville…

Je vous ai demandé d’imaginer… Fiction ou réalité ? Qui sait… Qui sait… Mais surtout qu’en penser ?

4 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. telavivcat
    Mar 22, 2012 @ 10:10:20

    je crois savoir que des cas de ce genre sont nombreux et que même si on met en place des structures pour aider, ce qui manque très souvent se sont les qualités de coeur pour les faire fonctionner. Il est bien sûr impossible de faire du cas par cas mais pourtant individuellement, il ne devrait pas être aussi difficile que ça de tendre la main, d’adresser un sourire, un mot d’encouragement, fermer les yeux, tous ces petits gestes qui font de nous des êtres humains à part entière.

    J'aime

    Réponse

  2. makaulaya
    Mar 22, 2012 @ 11:21:43

    C’est peut être vrai ,aujourd’hui lui, mais demain peut être nous ….

    J'aime

    Réponse

  3. colettedc
    Mar 22, 2012 @ 20:02:25

    C’est certainement vrai … et il y en a comme cela dans toutes les villes de tous les pays … c’est bien triste … mais quand ils ne font rien de mal pourquoi ne pas les aider tout en les laissant décider eux-mêmes de ce qu’ils feront …

    J'aime

    Réponse

  4. berger elisabeth
    Mar 22, 2012 @ 23:25:27

    Oui, c’est vrai et si triste. Cela reflète bien le monde absurde dans lequel nous vivons. Pourtant, il suffirai de peu de choses pour que cela change, un supplément d’âme, un cœur plus ouvert…

    J'aime

    Réponse

Votre avis m'intéresse :

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Follow Mariessourire essence d'émotions on WordPress.com

Des mots... des photos... mes envies... au jour le jour, voilà ce que vous trouverez dans mon espace, sans compter l'ouverture de la bibliothèque de mariessourire que vous trouverez ici : http://mariessourire3.wordpress.com/
Bonne visite !

Entrez votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 236 autres abonnés

%d blogueurs aiment cette page :