la grenouille et le mille-pattes

PREMIER JOUR : la grenouille

Ce jour là, le mille-pattes sort faire sa promenade comme tous les jours. Il avance en agitant ses mille pattes, il descend les marches du perron de sa maison, il se faufile entre les herbes, il contourne les arbres. Il fait beau. Il a le cœur content.

Ce jour-là, il rencontre une grenouille. Elle fait des grands bonds en détendant ses deux pattes de derrière.

– COA COA, fait la grenouille en bondissant autour de lui.

– Bonjour, bonjour, répond le mille-pattes.

– COAment fais-tu pour ne pas t’emmêler les pattes avec tes mille pattes ? lui demande la grenouille.

Le mille-pattes trébuche. Il est saisi par la question. Il s’arrête. Il se bloque. La question le contrarie.

Il ne se l’est jamais posée, cette question.

Alors il ne sait pas quoi répondre à la question que lui pose la grenouille.

Alors il ne sait pas quoi répondre à la question.

Alors il ne sait pas quoi répondre.

Alors il ne sait pas quoi.

Alors il ne sait pas.

Alors il reste coi.

Alors il décide de rentrer chez lui. Il avance plus lentement.

En contournant les arbres il se cogne, en se faufilant entre les herbes il se coupe, en montant les marches il se tord au moins 10 chevilles.

Ce n’est pas encore l’heure du thé, mais il prépare le thé. En le versant il se brûle.

Il se sent accablé.

Ce n’est pas encore l’heure de se coucher, mais il va se coucher. C’est le premier jour.

Il se réveille en sursaut. Il rêve que la grenouille lui demande:

– COAment fais-tu pour ne pas t’emmêler les pattes avec tes mille pattes ?

– COAment fais-tu pour ne pas t’emmêler les pattes avec tes mille pattes ?

Il est en sueur.

C’est la première nuit.

DEUXIEME JOUR

Le matin, en descendant de son lit, il s’étale par terre.

En descendant les marches du perron de sa maison, il se tord 20 chevilles, en se faufilant entre les herbes, il se coupe ; en contournant les arbres, il se cogne. Alors il fait demi-tour, se cogne aux arbres, se coupe aux herbes, se tord 30 chevilles en montant les marches.

C’est l’heure du thé, mais il n’en n’a pas envie.

Il se sent accablé.

Ce n’est pas encore l’heure de se coucher, mais il va se coucher. C’est le deuxième jour.

Il fait un cauchemar ininterrompu :

– COAment fais-tu pour ne pas t’emmêler les pattes avec tes mille pattes ?

– COAment fais-tu pour ne pas t’emmêler les pattes avec tes mille pattes ?

– COAment fais-tu pour ne pas t’emmêler les pattes avec tes mille pattes ?

Il est en sueur. Il délire.

C’est la deuxième nuit.

TROISIEME JOUR

Le matin, il est paralysé dans son lit.

Il arrive à descendre de son lit en basculant, il s’étale par terre.

Il se traîne à l’escalier qu’il dévale tête la première.

Alors il décide d’aller voir le médecin avant de ne plus pouvoir bouger du tout.

Le mille-pattes se rend chez le Docteur Crapaud :

– Vous souffrez d’une millepathie aigüe foudroyante. Il n’y a pas de remède. Vous guérirez ou vous mourrez…

.

 

6 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. telavivcat
    Juin 20, 2012 @ 16:58:42

    et la suite, c’est pour quand ?

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  2. colettedc
    Juin 20, 2012 @ 19:08:44

    Oui, en effet … il est le maître de cette guérison en restant lui-même d’abord le pauvre … car, coament peut-il devenir autre !!! …

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    Réponse

    • mariessourire
      Juin 20, 2012 @ 22:50:52

      et comment une toute petite question peut remettre fortement quelqu’un en question…
      oui, la guérison est en lui car c’est lui qui s’est rendu malade tout seul
      s’il reprenait confiance en lui, que se passerait-il alors ?
      sourire

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      Réponse

  3. telavivcat
    Juin 20, 2012 @ 22:48:49

    aucune je sèche, et toi ?

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    Réponse

    • mariessourire
      Juin 20, 2012 @ 22:54:58

      et bien je crois qu’il faudrait qu’il reprenne confiance en lui, en ses capacités en laissant de côté cette misérable question
      s’il se rappelait que son cerveau faisait ça très bien avant qu’il veuille le commander… t’imagines un peu si l’on devait ordonner au coeur de battre et aux poumons de respirer, sûr que ça nous arriverait aussi !
      alors je lui recommanderai un peu de repos, et de faire le tour de sa maison en comptant tous les carrelages du sol et s’il n’est pas sûr du résultat, et bien qu’il recommence, et quand il verra qu’il ne s’emmêle pas les pattes dès qu’il n’y pense plus, je pense qu’il sera sur le chemin de la guérison
      tandis que s’il continue à vouloir s’immiscer dans l’ordre naturel de sa marche, il restera dans son lit à déprimer et il mourra…

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