Un merle chantait.


Un merle chantait. L’air était en paix ce matin là, la lumière douce et apaisante venait essuyer les larmes de rosée sur les toiles d’araignée. Le vieux moine inspira, expira en appréciant l’instant présent. Silencieusement et avec respect le jeune disciple vint se placer derrière son maître. Cela faisait quelques temps que le jeune homme était confronté au doute. Il ne comprenait pas pourquoi malgré tous ses efforts il progressait si peu, pourquoi il avait le sentiment que rien ne valait la peine, voir qu’il perdait son temps.
Le vieux moine, le regard droit, était assis, calme…

– Maître, malgré tous mes efforts, je doute …
Le vieil homme se leva, sans un mot, et se dirigea vers une bâtisse près du monastère, le jeune disciple suivit.
Arrivé devant le bâtiment, un homme s’entrainait au tir à l’arc.
Le vieux moine s’assit, derrière lui le jeune disciple en fit de même. Le regard du maître englobait l’archer dans sa totalité…
– Qu’observes-tu ?…
– Je vois un homme qui s’entraine à l’arc…
– Que remarques-tu ?…
– Rien de spécial, il essaye d’atteindre la cible…
– Que fait-il pour ça ?…
– Il vise !…
– Pas seulement, vois tu, il doit d’abord tendre l’arc, ensuite tu as raison il doit viser…
– Je sais tout cela…
– Ce n’est pas tout, une chose est primordiale…
– Quoi donc ?…
– Il doit lâcher la flèche…
– Lâcher la flèche !! Mais c’est normal!…
– Oui c’est normal comme tu dis, ça coule de source dit le vieux moine en souriant. Pourtant combien d’entre nous oublions de lâcher notre flèche pour atteindre notre but ?…
– Je ne comprends pas tout…
– Le fait de tendre l’arc peut être rapproché de l’énergie, il en faut pour réussir à le tendre, le fait de viser peut être rapproché de l’intelligence et enfin lâcher la flèche peut être rapprocher du lâcher prise. Si nous mettons trop d’énergie à tendre l’arc nous risquons de casser l’arc, pas assez et la flèche n’atteindra pas son but. Si nous visons trop longtemps nous allons nous fatiguer et perdre beaucoup d’énergie… Et pourtant certains y arrivent…
– Oui mais à quel prix ?
– Lâcher sa flèche demande d’avoir confiance, confiance en soi, en la vie. Celui qui doute a peu de chance d’atteindre son but et s’il y parvient ce sera avec beaucoup d’effort et de temps…
– Vous voulez dire que je mettrai très longtemps à atteindre mon but…
Le vieux moine sourit, un sourire de compassion
– Souviens toi le monde est ce que je pense de lui…
Le jeune moine garda le silence…
– Nous perdons de l’énergie à nous juger ou à juger les autres, juger divise. Si l’homme juge la femme et la femme l’homme il s’en suivra une division, pourtant lorsque l’homme et la femme éprouvent de l’amour l’un pour l’autre ils ne font qu’un et de cette unité jaillit une énergie inimaginable, la vie…
Le jeune disciple se dirigea vers l’homme qui s’entrainait, celui ci lui donna son arc, le jeune moine regarda la cible, tendit l’arc, visa, ferma les yeux et lâcha prise, la flèche atteint la cible…
Le vieux moine sourit se leva et reprit le chemin du temple, un merle chantait….

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