Mon textophoto


 

Voilà deux semaines que je viens la voir, deux semaines où elle me donne rendez-vous toujours au même endroit. Elle semble toujours sur la réserve, toujours méfiante. C’est vrai, cela fait longtemps qu’on ne s’était pas vus. La dernière fois, elle devait avoir quatre ou cinq ans.

Il ne faut pas que je repense au passé. Aujourd’hui, je voudrais qu’elle me donne la chance de nous construire un présent, un avenir aussi. Toutes ces années gâchées ! Quarante années… Quarante années que nous avons perdues !

C’est à peine si elle ose me dire quelques mots sur sa vie, elle préfère parler de la pluie ou du beau temps, des fleurs qui poussent et autres choses sans importance. C’est à croire que je lui fais peur.

Comme j’ai été heureux de la retrouver ! Comme j’étais loin d’imaginer ces retrouvailles dans cette indifférence qui me fait mal. Je ne l’ai jamais oubliée. Je m’accroche à l’idée qu’un jour, elle se rappellera, qu’elle me fera confiance. Et moi, pour ne pas sombrer, j’attends mon heure. Je l’attendrai toujours.

C’est fou ce que les histoires des adultes ont fait du mal aux enfants que nous étions. Nous n’avions pas la même mère, et alors ? Est-ce qu’elle n’est pas ma petite soeur pour autant ?

Mes Textophotos


Le ciel se fait écrin douceur, tout de tendresse et de pastel. Le ciel se fait plus froid aussi, ne laissant que quelques rayons de soleil passer, les moins chauds, les moins énergisants… car le temps de l’hiver est arrivé… aujourd’hui !

Mais le cerisier ne s’en laisse pas conter ! Hors de question d’accepter que l’hiver arrive ! Il lance vers le ciel, comme autant de provocation, ses branches chargées d’or et de feu. Il le défie de lui prendre ses dernières feuilles !

Le ciel n’a pas de compassion mais sourit devant cet entêtement un peu puéril, il faut bien le dire… Le temps est venu, voilà tout. Et le cerisier pourra bien faire ce qu’il voudra… Quand c’est l’heure, et bien c’est l’heure !

Le cerisier défie alors le temps : il peut bien lui laisser ses derniers ornements, puisqu’il le vaut bien ! Mais le temps lui rétorque qu’après l’heure, c’est comme avant l’heure, ce n’est pas l’heure ! Et voilà qu’il est maintenant l’heure d’aller se reposer, comme toute autre plante de sa nature.

Ne pourrait-il se reposer tout en gardant ses si jolies feuilles ? Le cerisier, c’est vrai, se sent bien fatigué… Un peu usé par toutes les batailles qu’il vient de mener.

Alors le temps s’allie au ciel pour lui intimer le repos, lui accordant le sommeil bien mérité et ses feuilles, ma foi, qu’il les garde encore un peu ! Prenant au pied de la lettre les propos du temps, le cerisier se laisse sombrer dans un doux sommeil, fier de ses belles feuilles dorées qu’il est seul à garder…

Ce n’est que quand le cerisier s’est bien endormi que le temps fait souffler doucement le vent dans ses feuilles qui tombent en virevoltant pour le plus grand plaisir des enfants et le soupir de dépit du jardinier qui se doit de les ramasser….

 

 

A droite l’océan, les algues, la vie marine… A gauche, la campagne, les buissons, les oiseaux et les vers de terre…

Tout droit, un sentier… celui du Littoral… qui mène jusqu’où ?

Et au milieu de ce nulle-part, des panneaux de direction et un banc pour s’asseoir… Un banc de méditation ? un banc de réflexion ? Où aller ? Que choisir ?

Le banc est face à la mer, face au soleil qui resplendit dans le bleu éblouissant du ciel. J’ai bien envie de m’y arrêter un peu, me poser, regarder l’océan s’agiter doucement, me berçant par le doux ronflement des vagues. C’est un véritable ressourcement énergisant et reposant à la fois. Je m’abîme dans mes pensées et ne voit pas le temps passer. Je ne peux pas rester ici. Il me faut avancer !

Et les panneaux m’interpellent. Par ici, le sentier du littoral. Par là, le retour à la civilisation. Et par cet autre là, le chemin à l’envers…

Le couple a choisi d’aller tout droit sur le sentier du littoral, pour le meilleur comme pour le pire. Ils se tiennent par le bras, se sourient, tout à leur plaisir d’être ensemble. Le sentier est-il celui des amoureux ? Mais au fond les nuages… qui passent de blanc à gris, laissant présager la tempête ! Ne voient-ils rien de ce qui va leur arriver ? Faut-il que je leur ouvre les yeux ? Mais ils ne me croiront probablement pas. Je croise les doigts pour qu’ils résistent ensemble à ce coup du sort ! Mais je ne me mêlerai pas de leur vie, de leur choix. C’est leur route, celle qu’ils doivent faire tous les deux.

A l’envers… le temps reculerait-il donc si j’emprunte ce chemin ?  J’avoue être tentée de prendre au pied de la lettre ce panneau. A l’envers… Mais à peine ai-je fait un pas sur ce chemin que j’ai déjà la tête à l’envers, comme si je marchais sur la tête, comme si mes pieds effleuraient le ciel qui, de rire, se tord tout de travers. Je ne savais pas que le ciel était chatouilleux !! La tête me tourne… Non, décidément non, ce chemin n’est pas pour moi !

Alors, comme je ne sais pas marcher sur l’eau, je prends le retour à la civilisation. Je tourne le dos à ce paradis tout en le regrettant déjà… Je suis soulagée, car ce retour se fait doucement : un chemin qui se fait route, la campagne où les oiseaux chantent qui se fait hameau… Ce chemin me ramène dans ma vie tranquillement, me laissant me remettre de mes émotions, et me promettant de pouvoir y retourner à la moindre occasion ! J’ai fait le bon choix. Je crois…

Follow Mariessourire essence d'émotions on WordPress.com

Des mots... des photos... mes envies... au jour le jour, voilà ce que vous trouverez dans mon espace, sans compter l'ouverture de la bibliothèque de mariessourire que vous trouverez ici : http://mariessourire3.wordpress.com/
Bonne visite !

Entrez votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 235 autres abonnés