Citation du jour : amour et amitié V.Hugo


Savez-vous ce que c’est que l’amitié ? C’est être frère et sœur, deux âmes qui se touchent sans se confondre les deux doigts de la main. Et l’amour ? C’est être deux et n’être qu’un.

Victor Hugo

Bon anniversaire Tite Soeur !


Oui, bon et heureux anniversaire, Tite Soeur, que cette journée soit belle, chaleureuse, pleine d’amitié, de surprises et surtout qu’elle soit inoubliable !

Oups…

Premier matin à l’hôpital


J’ouvre les yeux. Il fait jour. La lumière me fait mal au crâne. Rien ne ressemble à la chambre d’hôtel, ni même à ma chambre. Je m’asseois brusquement sur mon lit, regarde partout. A côté de moi, sur un lit d’hôpital, un homme branché à une perfusion ronfle bruyamment.

« Un lit d’hôpital ? Mais qu’est ce que je fais ici ? »

Moi aussi je suis branché à une perfusion. Une goutte tombe dans la poche, puis une autre, inlassablement, en prenant tout son temps.

« C’est complètement irréel ! Voyons, je suis allé à l’hôtel Bellevue dans l’après-midi, je suis descendu au bar boire une bière… Et après ? »

Après c’est le trou noir. Je ne sais pas quel jour on est, ni ce que je fais ici et encore moins comment j’y suis arrivé. Logiquement, on devrait être mardi et dans deux jours, c’est la cérémonie de Sabine, avec son éditeur. Elle m’a invité, quelle chance !

On frappe à la porte, on l’ouvre sans attendre de réponse. C’est une aide-soignante.

« Bonjour ! Vous avez bien dormi, Monsieur Nathan ?

– Monsieur Nathan ? Pourquoi m’appelez-vous comme ça ? Et quel jour sommes-nous ? Et …

– Et… ne me posez pas toutes vos questions à la fois ! Je vous appelle Monsieur Nathan parce que je ne sais pas comment vous appeler autrement. Vous aviez dans votre poche une lettre signée Nathan à votre arrivée. Vous ne vous appelez pas comme ça ?

– Si ! Nathan DUPIN ! Une lettre ? Et quel jour sommes-nous ? Qu’est ce que je fais ici ?

– Allons… Une question à la fois ! Nous sommes jeudi 4 novembre 2010, vous avez eu un accident de la circulation. Vous verrez le médecin lors de sa visite, vers 10h00 et vous lui poserez toutes les questions que vous voudrez, d’accord ? »

Je hoche la tête en signe d’assentiment, toujours aussi perplexe devant l’absurdité de sa réponse… Jeudi 4 novembre 2010 ? Alors, ça fait déjà 4 années de passées… mais où ?

« 2010, vous êtes bien sûre ?

– Oui, j’en suis certaine. A mon tour de vous poser une question : thé ou café ? C’est l’heure du petit déjeuner, et vous pouvez manger ce que vous voulez, autant en profiter non ?

– café alors, s’il vous plait ! »

J’ai comme un vertige. D’un coup, je suis projeté dans un futur et je ne comprend pas. J’ai beau me remémorer, mes derniers souvenirs remontent à hier, à mon arrivée à Cherbourg, la chambre d’hôtel, le client à voir impérativement pour ne pas perdre l’affaire… C’est juste incroyable !

Je n’ai pas très faim tant je suis tourne-boulé. On frappe de nouveau à la porte. Je jette un œil à mon voisin, mais celui-ci dort toujours.

« Entrez ! » dis-je d’une voix sonnée. L’inconnue s’exécute. Elle a l’air toute chiffonnée, comme si elle n’avait pas dormi de la nuit, les cheveux encore emmêlés, les yeux remplis d’émotion.

« Bonjour ! Comment allez-vous ? Je suis tellement désolée… Je ne vous ai pas vu et…

– Quel jour sommes-nous ? S’il vous plait, dites moi quel jour on est !

– Jeudi 4 novembre 2010.

– C’est vrai ? Ce n’est pas une blague ? On est bien en 2010 ?

– Oui, c’est vrai ! Vous ne vous rappelez pas ?

– Non… C’est tellement étrange, pour moi on est le mardi 21 novembre 2006. Je ne comprends pas ! »

C’est alors qu’on frappe encore à la porte, des blouses blanches s’invitent dans la chambre.

« Mademoiselle, ce n’est pas l’heure des visites ! Revenez cet après-midi, s’il vous plait, pour voir votre ami. »

Elle s’éclipse après m’avoir dit qu’elle reviendrait bientôt pour prendre de mes nouvelles.

Les médecins me posent des tas de questions. Mon mal à la tête recommence, lancinant. Je me sens perdu, comme suspendu dans un espace-temps qui ne m’appartient pas. C’est une plongée en enfer, dans un avenir qui fait déjà partie du passé. Si seulement je pouvais voir Sabine, lui parler…

« Nathan DUPIN, c’est donc votre nom ?

– Oui, c’est bien ça. Je ne sais pas ce que je fais ici, on m’a dit que j’avais eu un accident, mais je me sens bien ! Je voudrais sortir d’ici.

– Et bien, en fait, pour l’instant vous êtes en observation. Lors de votre accident, vous étiez ivre et vous êtes mal tombé sur la tête. Vous avez un petit traumatisme crânien, rien de bien méchant, mais a priori, vous avez un peu de mal à tout remettre dans l’ordre chronologique. C’est pour ça que vous ne pouvez pas sortir pour le moment. Peut-on prévenir quelqu’un ? Un membre de votre famille ?

– Oui, ma sœur, Rose DUPIN. Elle habite en Vendée, à La Roche sur Yon.

– On fait le nécessaire. En attendant, reposez-vous, ça ira mieux, ne vous inquiétez pas. Sophie vous donnera vos effets personnels tout à l’heure.

– On m’a parlé d’une lettre, vous l’avez ?

– Oui, elle est toujours dans la poche de votre pantalon, l’infirmière, Sophie donc, vous la donnera un peu plus tard. Maintenant reposez-vous un peu »

Du repos ? Je n’en ai que faire du repos ! Je n’ai même pas demandé le nom à cette inconnue qui avait l’air de me connaître. Comment était-ce possible ? Et cette lettre, à qui était-elle destinée ? Toutes ces questions qui demandent réponse et qui n’en ont pas… Je soupire, me rallonge, et attends que le temps passe et remette tout dans le bon ordre.

Ne lui dis jamais que…


Atelier Semaine 12 Année 2 de Ghislaine

« Ne lui dis jamais que je l’aime, tu entends ? Ce serait insupportable pour elle !

– J’entends, oui, j’entends, mais je ne comprends pas ! Rappelle-moi ? Elle n’est pas celle pour qui tu as envie de vivre ? Elle n’est pas celle que tu as toujours voulu rencontrer ? Moi, ta sœur, je vois ce que tu es devenu depuis que tu l’as croisée en bas de chez toi ! Rappelle-toi ! »

Ces phrases ne cessent de me hanter ce soir où je n’ai pas le moral, seul dans ce bar, en compagnie d’un énième verre de bière.

Je ne vois qu’une solution : il ne me reste qu’à écrire une lettre et rentrer me coucher dans cet hôtel minable. Je demande une feuille de papier et un stylo au barman qui me regarde d’un air étonné mais me donne ce dont j’ai besoin.

« Ma sœur chérie,

Oui, je me rappelle chaque détail de cet instant magique, elle dans sa robe bleue flottant au vent, son chignon qui menaçait de tomber à chaque pas qu’elle faisait mais qui restait mystérieusement en place.

Je me souviens de tout, de son parfum, de son grand jour où elle a su qu’elle était éditée, et de la fête qui a suivi. Je me souviens de son baiser sur ma joue, de sa peau si douce qu’elle m’attirait irrésistiblement.

Mais, ma sœur chérie, tu ne sais pas tout. Elle n’est pas que la femme de ma vie. Elle est surtout la femme de mon patron et elle ne le quittera jamais. Je le sais, elle me l’a dit.

Elle ne me pardonnera jamais ce que j’ai fait. Elle ne sait pas encore que c’est moi, elle le saura bientôt, lors du jugement.

Elle me verra alors comme un monstre, celui que j’ai été, et cette image supplantera celle du beau et sympathique jeune homme qui se mettrait en quatre pour un sourire de sa part.

Pourquoi ai-je dénoncé mon patron ? C’était vrai mais j’ai causé sa tentative de suicide qui a fait de lui cette pauvre âme misérable.

Elle ne me pardonnera jamais.

Elle ne saura jamais combien je regrette.

Elle ne saura jamais combien je l’aime, et que cet amour unique est celui que nous cherchons tous.

Pardonne-moi, toi que j’aime si fort, et tiens ta promesse, ne lui dis jamais que je l’ai aimé de toute mon âme, de tout mon cœur.

Nathan »

Je pose le stylo sur le bar, mets la lettre dans la poche de mon jeans, remets ma veste sur les épaules et sors. Il fait froid. C’est un temps idéal pour mourir.

Je traverse sans regarder.

Le choc.

Le noir.

Enfin, je suis bien, enfin…

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